Je suis perplexe

Publié le par athena

Hier, dans ma boîte e-mail, se trouvait un écrit qui me fait rire ou me consterne, en fonction du moment de la journée. Il s'agit d'une étude statistique (j'adore les études statistiques qui ont l'art et la manière de tout et ne rien dire en même temps et que chacun peut analyser comme il en a envie) sur les parents au travail.

 

De cette étude, il ressort que les parents d'enfant en âge scolaire ont du mal à concilier vie professionnelle et vie de famille (enfin, surtout la vie scolaire de leur enfant). La moitié des particiapnts à l'étude avouent, très honnêtement, qu'en période d'activités professionnelles intenses, le suivi des devoirs des enfants passe à la trappe.

 

Cette étude m'a fait doucement rigoler pour deux raisons : tout d'abord parce qu'elle fait partie de cette nouvelle mode qui consiste à faire des études sur tout et sur n'importe quoi (Si vous faites attention, vous remarquerez que, sur une semaine, au moins deux études voient leur résultats publiés dans la presse). Ensuite parce que cela me semble d'une évidence tellement "évidente" ! Quel individu, réellement sain de corps et d'esprit, peut croire que deux parents travaillant à temps plein, récupérant leur progéniture adorée à la sortie de l'école (pardon, de l'étude) au plus tôt à 17h30, aient le temps de se pencher sérieusement sur les devoirs de leurs bambins ? Entre la sortie de l'école et l'heure du coucher des enfants, le temps passe vite : il y a le trajet école-maison, les potentielles courses pour le repas du soir ou les achats imprévus de dernière minute, la préparation et la mastication du repas du soir, le dialogue minimum entre les parents et la sacro-sainte TV.

 

A moins qu'un des deux parents soit en fait la réincarnation de Shiva et dispose en plus d'une machine lui permettant d'arrêter le temps dans sa petite portion d'espace, il est difficile effectivement de conjuguer job et famille, ce que, soit dit en passant, nos ancêtres avaient compris, eux.

 

Je n'arrive pas à comprendre comment notre société en est arrivée à promouvoir cet idéal suicidaire : il convient désormais que chacun de nous soit, selon son sexe, superman ou superwoman ! Il faut, de front, mener une carrière full-time , garante d'épanouissement personnel, fonder une famille (avec plusieurs enfants, svp, le taux de natalité baisse dramatiquement dans les pays occidentaux, pensons à nos pensions ;-) ), être des parents exemplaires, un hôte parfait, avoir une vie sociale active et contenter son compagnon (ou sa compagne) de toutes les façons possibles et inimaginables... Bref, un travail de titan, ou, pardon, le boulot de deux ou trois êtres humains normalement constitués.

 

En fait, pourquoi nous imposons nous un tel fardeau ? A cause du "prix de la vie", qui ne cesse de monter, ma bon'dame ? Ou, dans un optique résolument édoniste, pour être sûr de ne rien râter de ce que la vie avait à nous proposer ? Le problème, c'est qu'à force de vouloir tout faire tout seul comme des grands... On n'arrive plus à rien faire correctement... Pour ne prendre qu'un exemple, les enseignants se plaignent de plus en plus de devoir faire le travail des parents : à eux désormais d'enseigner, en plus des matières pour lesquelles ils sont payés, la politesse, le respect de lois et des autres, les principes de bases en hygiène.  Situation triste mais, hélas, ô combien logique.



Je ne prône pas un retour en arrière, avec un des membres du couple "condamné" (tiens, curieux comme expression) à rester au foyer pour s'occuper de ces milles petites choses qui font que les journées n'en finissent pas pour le commun des mortels. Je me demande "simplement" pourquoi nous éprouvons une telle boulémie d'activités, pourquoi il semble tellement difficle de mettre en place des alternatives (tel le télé-travail) ou encore si la piste de l'allocation universelle, présentée d'habitude comme une douce utopie, ne devrait pas être, pour une fois, réellement envisagée (ou sa variante, telle une allocation de parents au foyer)...

 

En tous cas, cette étude aura au moins eu le mérite de me faire réfléchir, même si ses résultats me laissent perplexes.



PS : Si vous voulez en savoir plus sur l'étude mentionnée, voici le link

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