Pauvre Belgique

Publié le par athena

athena.jpg
Le roi est mort, vive le Roi ? Ah non, ce n'est pas le thème de cet article. Ici, ce serait plutôt : "un primat s'en va un autre s'en vient". Et les ennuis politiques (re)commencent.  Au revoir Monseigneur Daneels, vous me manquerez. Monseigneur Léonard en primat de Belgique. La transition est dure. Et en fait, nous commençons déjà à regretter l'ancien archevêque de Bruxelles-Malines !

Bon, soyons honnête, l'annonce de la nomination de Monseigneur Léonard ne m'a pas fait faire des bonds de kangourou. Que du contraire. Les prises de positions de l'ex-évêque de Namur me faisait déjà grimper aux rideaux à l'époque où il ne sévissait que dans le Namurois. Le voir à la tête de l'Église de Belgique ne me réjouit donc pas.

Pourtant, comme je le faisais remarquer dans un précédent article, j'attends généralement de voir si la fonction fait l'homme. Hélas, il semble que ce ne soit pas (encore, ne peut s'empêcher d'espérer l'éternelle optimiste que je suis) la cas. Le nouveau primat de Belgique à renouer très tôt avec la plus pure tradition d'archaïsme de l'Église catholique romaine. La cause de mon ire ? La comparaison, choquante à mon sens, faite par Monseigneur entre l'homosexualité et l'anorexie. Pour être sûre qu'il n'y ait pas de mauvaise compréhension, je le cite (d'après l'article du Soir du )
"Je vais faire une comparaison : l'anorexie est un développement qui n'entre pas dans la logique de l'appétit, mais je ne dirai jamais que les anorexiques sont des anormaux".
Alors, je ne sais pas vous mais personnellement, j'ai beau retourner la phrase dans tous les sens, il me semble pourtant que c'est EXCATEMENT ce qu'il dit. A moins que la conception de l'anorexie de l'archevêque ne soit pas médicale mais bien ... quoi au fait ? Et que dire de l'accusation d'abus sur mineurs porté contre l'évêque de Brugges ? Monseigneur Daneels, au courant ou pas ? That's the question.
Non contents d'avoir des problèmes avec les représentants de l'Eglise, voilà que nous achevons d'exposer à la face du monde notre surréalisme, intéressant au niveau des arts, cela va sans dire, mais franchement gênant quand il s'agit de politique.
Ce petit pays de la taille d'un confetti ne s'attarde décidément à la demi-mesure : trois régions (Flamande, Wallone et de Bruxelles-Capitale), trois communautés (Flamande, Française et Germanophone), six gouvernements (je ne suis pas sûre de ne pas en oublier un quelque part),  10 provinces, trois langues nationales, des ministres fédéraux, communautaires, régionaux, des gouverneurs de provinces, des hémicycles dédoublés à tous les niveaux de pouvoirs... Pourquoi faire dans le simple si on peut faire dans le compliqué !
Mieux, pourquoi continuer à essayer de trouver des compromis (qui soit dit en passant nous ont rendus célèbre) lorsque l'on peut plonger le pays dans l'angoisse et au bord du "chaos", pour reprendre le terme d'un constitutionnaliste (H. Dumont en l'occurrence). Je suppose que vu de loin de notre petit microcosme marécageux, le problème de BHV (prononcez Bruxelles-Hal-Vilvorde) semble d'un simplicité enfantine à résoudre : on coupe cet arrondissement électoral anormal (puisqu'à cheval sur le région Flamande et la région de Bruxelles Capitale et qui de plus n'a pas la taille d'un province, contrairement aux autres arrondissements), et on n'en parle plus. Las, c'est loin d'être aussi simple.
Il s'agit en fait de concilier ce qui semble être devenu inconciliable : les visées flamandes, se revendiquant du droit du sol, et les visée francophones, prônant le droit des gens. Bruxelles, ville bilingue mais à l'immense majorité francophone, se voit enfermée dans le carcan des 19 communes. Trop petit. les francophones de Bruxelles ont donc tendance à se diriger vers la périphérie. Et c'est là que les choses se gâtent, car Bruxelles est enclavée dans le territoire flamand. Et qui dit francophones migrant vers la périphérie, dit francophone s'installant en Flandres.
Belgique-Regions-2.jpg
http://www.hist-geo.com/Fond-de-carte/Belgique/Belgique-Regions-1.php
Le législateur pensait pourtant avoir tout prévu : les communes à facilités, le recensement linguistique, l'évolution de la frontière. Le système pose problème depuis un bon bout de temps. Après avoir bétonner la frontière linguistique, avoir remis les facilités en question depuis des années, reste une épine dans les fesses des Flamands. Ça les empêche de dormir. Et ça continuera tant que la "tâche d'huile francophone" risquera de s'étendre. Tant que BHV ne sera pas scindé. Et ça, c'est inacceptable pour les Francophones, du moins tant que Bruxelles n'aura pas été agrandie/refinancée/renégociée (ne pas forcément biffé les mentions inutiles). Et au Roi maintenant de solutionner ce merdier avec le moins de dégât possible.
Nous nous préparons donc une superbe semaine. Merci Messieurs - Dames les politiciens !
 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article