Esprit, es-tu là ?

Publié le par athena

Les fêtes de fin d'années constituent une période propice à l'introspection et aux réflexions en tous genres. C'est le moment de tirer le bilan de l'année écoulée, de réfléchir à de nouveaux projets à mettre en marche pour l'année à venir qui s'approche à grands pas, des bonnes résolutions (généralement intenables) et des voeux sincères (ou un peu moins) adressés à ceux qui nous sont proches (et souvent chers).

C'est aussi le moment de (re)découvrir les grands classiques, de la littérature au cinéma. Parmi ceux-ci, figure à une place de choix "un chant de Noël" de Charles Dickens. L'avantage de la parution d'une méga-production américaine cinématographique, c'est que l'ouvrage de référence est reédité et facile à trouver. "Le drôle de Noël de Scrooge" rentre dans cette catégorie.

L'histoire est connue de (presque) tout le monde depuis qu'oncle Picsou Scrooge l'a popularisée en dessin animé. La veille de Noël, Scrooge, vieil avare au coeur dur, reçoit la visite du fantôme de son ex-associé, Marley. Celui-ci est venu le prévenir qu'il va avoir la visite de trois spectres : l'Esprit des Noëls passés, celui des Noëls à présents et celui des Noëls à venir. Suite à ses visions, à Scrooge de décider s'il désire changer ou non.

Ce livre, classique s'il en est, reste une merveille, qui se lit et se relit, année après année, sans que jamais la lassitude ne se fasse sentir. Reste juste un sentiment de malaise. Lequel d'entre nous n'est pas, ne fût-ce qu'un peu, ce cher Monsieur Scrooge. Comme le dit très justement l'ex-associé de Scrooge, le spectre de Marley :

"Je porte la chaîne que j'ai moi-même forgée pendant ma vie (...). C'est moi qui l'ai faite anneau par anneau, mètre par mètre ; c'est moi qui l'ai suspendue autour de mon corps librement et de ma propre volonté, comme je la porterai toujours de mon plein gré."(1)

Cette phrase constitue pour moi la clé de voûte de l'ouvrage et une réalté fondamentale de nos existences.  Nous ne sommes et ne serons jamais que le résultats de ce que nous avons choisit d'être de faire et de penser. A l'aulne de ce principe, nos vies ne sont pas toujours le juste reflêt de nos aspirations et de nos désirs profonds. Le proverbe dit bien que "qui sème le vent, récolte la tempête". L'inverse est également vrai. Qui fait preuve d'amour et de d'humanité récoltera le fruit de sa générosité, un jour ou l'autre.

Chaque année, au mois de décembre, quand je reparcours ce livre et me pose les questions classiques relatives à l'année écoulée, je ne peux m'empêcheer de me demander quelle sera ma chaîne. Et de faire preuve du coup d'un regain d'humanité. Et je constate généralement l'existence d'un phénomène similaire chez mes semblables.

Cependant... Cependant, cette année, pour la première fois, je ne trouve pas trace chez mes concitoyens de cet "esprit des fêtes". La compassion, la joie, la chaleur humaine qui baignent habituellement les rues à l'approche de Noël me semblent faire cruellement défaut cette année. Il est vrai que l'année a été dure : entre la crise économique (et ses milliers de pertes d'emploi), le constat de plus en plus alarmant des dégâts occasionnés par l'Homme à notre planète bleue et autres joyeuses nouvelles du même accabit (ne parlont même pas, pour les Belges, d'une année politiquement pourrie et du spectre de la scission du pays), je trouve mes semblables fort préoccupés et guère aimables (pour ne pas dire franchement agressifs). Je déteste le principe des chaînes et les trouve trop ridicule pour en propose une. Il n'empêche que, parfois, j'aimerai voir les "hommes de bonne volonté" s'unir et ins(o)uffler un peu de joie et d'amour à tous et pour tous.

Je me demande si, en ce qui vous concerne, vous avez déjà rencontré cette année l'Esprit des Noëls présents ?  Sur ce, bonnes cogitations et soirées neigeuses. 




(1) Dickens Charles, Le drôle de Noël de Scrooge, Paris, Livre de poche (jeunesse), p. 34.

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